« Honte aux journaux télévisés ». Niki crie sa colère après plusieurs reportages sur la télévision italienne concernant le sauvetage de certains de ses compatriotes présents lors du tremblement de terre à Haïti, mardi dernier. « Deux morts Italiens sont plus importants que 50 miles morts étrangers ! Journaux de m… ».
Comme toujours, chaque pays fait le compte de ses citoyens blessés ou tués par une catastrophe. Mais cette fois ci, des détails choquent. Dimanche 17 janvier au soir, sur le journal télévisé de TF1, deux reportages montrent deux réalités bien distinctes. Le premier, au milieu des bidonvilles. Ils suivent un homme qui tous les jours va parler à ses filles, toujours bloquées sous les décombres de leur maison. Ce jour là, les jeunes filles ne répondent pas.
A l’écran, seule figure la population haïtienne. De la solidarité certes, mais beaucoup de misère et surtout : pas l’ombre d’un secouriste. Puis vient un autre reportage ; sur les secouristes justement. A l’image, une femme. Cheveux clairs. Teint clair. Le commentateur enlève tout doute « une jeune Américaine est sortie vivante des décombres d’un supermarché, ainsi qu’une fillette haïtienne ; grâce à un appel à l’aide par téléphone portable ». Le reportage continu ensuite, à l’hôtel Montana. Un hôtel où de nombreux occidentaux passent leur séjour.
Pourquoi pas. Les touristes doivent être secourus au même titre que les Haïtiens. Seul problème, annoncé discrètement à la fin du reportage : les secours iront ensuite secourir la population locale dans une école et un hôpital.
Mais pourquoi de telles aberrations ?
Comme l’explique le secrétaire général adjoint de l’ONU « il faut d’abord traiter les urgences, puis les reconstructions ». Selon Philippe Doust-Blazy, il n’y a pas d’aberrations. Les Nations Unies coordonnent efficacement les secours. Mais à part une visite de leur secrétaire général, Ban Ki Moon, la réalité semble toute autre. Plusieurs journalistes ont relevé une attitude américaine, efficace en action, mais parfois trop entreprenante. En témoigne la présence, certes brève, du drapeau américain sur le terminal de l’aéroport de la capitale. Bien que les premiers arrivés sur l’île et, avec de gros moyens, cet acte a déplu au président haïtien.
Autre point étrange, les déclarations de Rony Brauman ce soir sur le plateau de Michel Denisot. Invité au Grand Journal sur Canal +, l’ancien président de Médecins sans frontières affirme que « le dispositif international est à la hauteur de l’événement qui se déroule ». Difficile à croire au vu des images de début d’émeutes au sein du population qui n’a que peu de vivres et qui est soignée, amputée, avec les moyens du bord, en pleine rue. Une rue jonchée de cadavres selon plusieurs correspondants.
Habituellement, les corps des victimes d’une catastrophe sont rapidement brûlés ou enterrés. Pour éviter les épidémies. Une perte de temps selon Brauman ? Le médecin a déclaré que ces corps « ne représentent aucun danger sanitaire ».

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